Mamie m'a dit ...

   L'humeur de la semaine

 
     
 

Le monde se virtualise, ça c'est bien sûr. Enfin le monde occidental, celui des nantis qui ont les moyens de se payer les machines à virtualiser, les ordinateurs.

Doté de financements prioritaires, les militaires simulent depuis longtemps. Ils vous font exploser une bombe nucléaire à coups de lasers mégajoules et de budgets mégaeuros. Ils tirent de vrais missiles sur des cartes géographiques reconstituées dans l'ordinateur embarqué dans le dit missile. Ils

L'argent vient également assez facilement vers les fabricants de plaisirs virtuels, la grande foule des consommateurs avides d'évasion remplaçant la non moins grande foule des contribuables contrits. Et la simulation progresse ici aussi à grands pas. La télé nous a montré hier soir la tendance des jeux informatiques pour le Noël prochain (Noël, ça se prépare !) : conduite automobile avec retro-effets, mouvements et déplacements vidéo-capturés et intégrés comme ce combat de boxe sans contacts réels.

L'enseignement et la formation ont moins de moyens, bien sûr, mais puisqu'il faut gommer le travail au profit du ludique, on simule là aussi. La lumière file bien droit selon les bonnes lois de la physique, l'électricité n'a plus besoin de fils, le savoir est dans le document copié-collé depuis internet vers le dossier perso,

Faut-il pleurer, faut-il en rire ?

Je regardais la semaine dernière mes deux garnements de petits-enfants se "castagner" plus ou moins gentiment. Des coups, des courses, des prises, des roulades, un contact bien réel jusqu'aux rires et jusqu'aux pleurs. La simulation aurait-elle permis de leur apprendre, de leur faire ressentir aussi fortement jusqu'où ne pas aller trop loin ?

Vous avez peut-être suivi hier soir à la télé ce reportage sur les infirmières. Voilà bien un métier où la simulation est impossible. Impossible d'échapper au sang, à la seringue, aux excréments, à la sonde, à la douleur, à la vieillesse. La pénurie d'infirmières se résorbera sans doute le jour où les patients seront installés dans un caisson robotisé, leur image biologique reconstruite dans le serveur informatique de l'hôpital. Plus d'odeurs, plus de plaintes. Plus de regards non plus.

Bush, lui, ne fait pas semblant. Il est naturel. Mais son naturel est dans sa tête, bien déconnecté de la réalité telle que perçue par beaucoup de gens "normaux" comme vous et moi. Non ? Pas vous ? Bon Et donc pour cet homme aux ambitions planétaires et quasi systèmesolairien puisqu'il a des visées sur Mars, les informaticiens devraient bien concevoir un monde à la mesure de sa tête, plein de bien et de mal, de dollars et de pétrole, de méchants barbus et de braves GI. Ça va coûter cher ? Moins cher que ne coûtent actuellement ses gesticulations dans notre réel global. Et si chacun des 6 332 808 000 (*) opposants à Bush participe, ça fait peu pour chacun.

(*)
Population mondiale : 6 375 708 000
(à combien de centaines de milliers près ?)

Votes américains favorables à Bush :
130 000 000 * 60% * 55% = 42 900 000
(ordre de grandeur ?)

 
     
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Créé le 15.02.1999
LE FORUM DE MAMIE