Mamie m'a dit ...



Écoute, écoutes
 
     
Sur un voilier, l'écoute est très importante.
Bien des skippers ont vu leurs voiles se déchirer, leur bôme se briser ou leur mât choir à la suite d'une mauvaise utilisation de cette manœuvre.
Par temps de demoiselle, lorsqu'il s'agit de saisir le murmure du vent, l'écoute est souvent à fleur de doigts, libérée du taquet qui la coince souvent, disponible, prête à donner aux voiles la forme convenable, adaptée aux filets d'air qui les caressent.
 
Quand le vent forcit, que sa voix prend de l'ampleur dans les voiles qui se creusent, la main se fait trop faible sur le cordage. L'écoute s'enroule alors sur le winch du génois, se raidit dans le palan de la grand-voile, s'adapte pour toujours maîtriser l'énergie capturée dans la mâture.
 
Maîtriser peut devenir mission impossible quand le vent est trop fort. Les voiles doivent être réduites, la grand-voile arisée, le foc changé. La transmission de l'écoute d'une voile à l'autre n'est pas alors sans danger, le vent pouvant pendant quelques instants agiter violemment un point d'écoute devenu libre et un peu fou.
Sur un voilier, l'écoute est très importante, oui.
Les écoutes.
Le cordage bien sûr, mais aussi ce fil tressé de sensibilités qui met le monde de la mer et du vent dans les oreilles, fait vibrer les entrailles comme vibre la chute du génois, là-haut, sous le regard de l'oiseau.
     
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Impressions dérisoires
 
         
La lune est froide et noire à l'intérieur du fruit.
Elle semble attendre le mûrissement révélateur, l'effondrement des chairs à la fois nourricières et carcérales, la vie enfin sous la caresse d'une intuition obstinée devenue progressivement pensée autonome et scrutatrice.
         
L'objet assujeti est là, esclave de l'épiderme, moulé par l'événement, informe et visqueux entre des mains trop violemment tendues, des doigts trop raides, trop peu aimants, si effrayants .
   
         
 
Les yeux fermés éclairent parfois la scène. Des rais de vérité accrochés au casque du spéléo franchissent le temps présent, confortent l'intuition, renvoient l'écho des sources. De la source dites-vous ? Je ne sais pas. Jupiter a plus d'une Lune, notre Lune aurait-elle plus d'une Terre, des Terres parallèles qui n'auraient en commun que cet objet froid et noir lové au fond du fruit ?
         
Ondulations reptiliennes originelles indéfiniment reproduites ? Lente émergence des clones essentiels savamment disséminés au vent des créations ? Douce explosion de l'âme vers le Soleil universel ? Qui sait ? Vous ? Qui sait !
         
   
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